Le siège de Lisbonne s’inscrit dans le double cadre de la Reconquista, la reconquête chrétienne des territoires musulmans dans la péninsule ibérique, et de la Deuxième Croisade. Depuis la victoire d’Alphonse Ier de Portugal à la bataille d’Ourique (1139), le royaume de Portugal cherchait à consolider son territoire face à l'émirat almohade et à s’étendre vers le sud.
En 1147, une opportunité se présenta lorsque des croisés en route vers la Terre Sainte acceptèrent de détourner leur mission pour aider Alphonse Ier à conquérir Lisbonne, alors sous contrôle des Maures. Cette alliance de circonstance marqua l’un des rares succès chrétiens de la Deuxième Croisade.
En juillet 1147, les croisés, recrutés lors de leur escale à Porto, rejoignirent Alphonse Ier à Lisbonne. Ils encerclèrent la ville et commencèrent à établir un blocus maritime pour couper les approvisionnements musulmans.
Les croisés, équipés de machines de siège, de béliers et de tours mobiles, lancèrent des assauts répétés contre les murailles. Cependant, les Maures résistèrent farouchement, repoussant plusieurs tentatives grâce à leur connaissance du terrain et à leurs propres armes de défense.
Le siège s’éternisa pendant plusieurs mois. Les Maures, privés de ravitaillement et confrontés à des pertes croissantes, furent également affectés par des épidémies et des dissensions internes. Pendant ce temps, les croisés, malgré des tensions entre leurs factions, maintinrent la pression.
Le 24 octobre 1147, les Maures négocièrent leur reddition. En échange de la vie sauve, les défenseurs furent autorisés à quitter la ville avec leurs biens. Le 25 octobre, les forces chrétiennes prirent officiellement Lisbonne.
Le siège de Lisbonne est considéré comme un événement fondateur de l’histoire portugaise. Il symbolise non seulement la reconquête chrétienne mais aussi l’établissement de Lisbonne comme un centre culturel et politique majeur. Cet épisode est également célébré pour avoir marqué une étape importante dans l’intégration du Portugal à l’Europe chrétienne.
Auteur : Stéphane Jeanneteau, août 2014
Sources et Références :